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Robin Verner

Potentats africains vacillant après trois décennies de domination, villes millénaires agitées par la géopolitique moderne, dirigeants politiques bien en vue rattrapés par le passé d'activiste qu'on leur prête... le passé affleure à la surface mouvante de l'actualité, qu'elle tienne à la marche du monde ou à l'anecdote. Regards sur la toile, française et internationale, où les lignes de fuites du présent nous ramènent aux réminiscences du passé (...)

05.09.2014 l Nora Berend

 

Le 31 décembre 2013, une décision gouvernementale a décrété la construction d’une statue commémorative de l’occupation allemande de la Hongrie (19 mars 1944). Le projet était déclaré prioritaire pour l’économie nationale hongroise ; autrement dit, nul effort ni argent ne serait épargné pour sa réalisation (A). La statue aurait dû être dévoilée le jour anniversaire de l’occupation mais la date en a d’abord été repoussée à la fin du mois de mai 2014 ; elle est à ce jour (juillet 2014) repoussée sine die. Sous prétexte de manque de temps, le sculpteur a été nommé par le gouvernement, sans concours. En janvier 2014, les plans de la statue étaient publiés. Il s’agit de l’archange Gabriel attaqué par un aigle impérial, à une échelle monumentale de 7 mètres. Gabriel symbolise la Hongrie, et l’aigle, l’Allemagne nazie. C’est la dernière insulte dans une longue série initiée par le gouvernement hongrois contre les victimes de la Shoah au moment du 70e anniversaire de l’anéantissement d’une grande partie des communautés juives de la Hongrie (...)

 

 

Entretien avec Richard Rechtman à propos de son livre "Les Vivantes

26.05.2014 l Richard Rechtman et Sabina Loriga

Psychiatre, psychanalyste et anthropologue, Richard Rechtman est directeur d’études à l’EHESS et directeur du Labex Tepsis (Transformation de l’État, Politisation des Sociétés, Institution du Social). Il a créé et dirige depuis 1990 le dispositif de consultations psychiatriques spécialisées pour réfugiés cambodgiens au sein du Centre Philippe Paumelle de Paris. Il a notamment publié L’empire du traumatisme en collaboration avec Didier Fassin (Flammarion, 2007) (...)

Pedro Ruiz Torres. Espanya contra Catalunya: una mirada històrica (1714-2014)

29.06.2014 l Pedro Ruiz Torres 

A medida que la “historia” se convierte en un concepto moderno de reflexión, las demostraciones que recurren a argumentos históricos quedan engullidas en un torbellino que lleva a la pluralidad de significados y se las puede utilizar para criticar las ideologías, pero a la vez se hacen propensas a caer en la ideología (KOSELLECK, R., 2004: 135). Si tal como parece eso ha sido así desde los inicios de la modernidad, en sociedades como las nuestras el doble uso de la historia, en el sentido apuntado por Reinhart Koselleck, gana un relieve público creciente a medida que se debilitan o desaparecen los modos tradicionales de transmisión colectiva de la memoria y se multiplican y se suceden las políticas de conmemoración de muy distinto carácter con fines de identidad comunitaria. En ocasiones semejantes, los poderes públicos interpelan y buscan el apoyo de una historiografía que es presentada ante la opinión como rigurosa, científica y capaz de desenmascarar las ideologías (de los otros), al tiempo que se utiliza como un refuerzo de la ideología (propia). Nada tiene de extraño, por tanto, que ese uso público de la historia (simultáneamente en una y otra dirección) vuelva a manifestarse en las últimas conmemoraciones, tal como ha ocurrido en un reciente coloquio (...)

Vendredi 6 et samedi 7 juin 2014 - Journées d'études : "Utopiser le monde"

Télécharger le programme (pdf)

Journées d’études organisées par l’Atelier international de recherche sur les usages publics du passé, LabEx Tepsis, Fonds Ricoeur

Lieu : Amphithéâtre de la Faculté Libre de Théologie Protestante

83, boulevard Arago – 75014 Paris

 


L’utopie est un des lieux privilégiés où s’exerce l’imagination sociale. Après avoir raconté les rêves politiques, tout au long du XXe siècle, elle a souvent été rangée du côté des cauchemars réalisés. En 1932, Aldous Huxley choisit comme épigraphe pour le Meilleur des Mondes une phrase écrite par Nicolas Berdiaeff quelques années auparavant : « Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ? ... Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins ‘parfaite’ et plus libre ». Dans les décennies suivantes, les illusions de « nouvelles terres » ont pris de plus en plus l’allure d’un « nouvel enfer ».

Soixante ans plus tard, lorsque l’idée communiste semble se décliner désormais au passé, François Furet aborde la question de la perte des illusions. Après s’être interrogé sur les raisons pour lesquelles un grand nombre de personnes ont été séduites par « le charme universel d’octobre », il note : ainsi « le communisme se termine-t-il dans une sorte de néant ». Ce qui est mort, avec l’Union soviétique, ne serait pas un régime, mais l’imagination moderne en matière de bonheur social. L’idée même d’une autre société lui semble désormais épuisée : « Nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous vivons », écrit-il dans l’épilogue. Et pourtant, quelques lignes plus tard, il remarque l’impossibilité de vivre sans utopie : « C’est une condition trop austère et trop contraire à l’esprit des sociétés modernes pour qu’elle puisse durer ». Aujourd’hui, l’ambivalence profonde qui imprègne ces pages demeure intacte. On aimerait l’interroger de trois manières.

Tout d’abord, à travers l’analyse de quelque parcours biographiques, qui, de manière différente, ont connu le désir d’utopie ainsi que la déception utopique : outre celui de Furet lui-même, ceux de Cornelius Castoriadis et d’Italo Calvino.

Il s’agira, ensuite, de revenir sur le degré de réalisme de l’utopie. Celle-ci est-elle un simple acte d’imagination, un « pas de côté », ou bien une forme de pression sur la réalité ? Peut-on détacher l’impulsion utopique des « réalisations » historiques ? Bien évidemment, ces questions renvoient à celle qui a traversé tout le XXe siècle, dans son va et vient entre utopie et dystopie : n’y a-t-il pas un point à partir duquel l’identification de l’utopie au totalitarisme devient abusive ? Jusqu’où, à l’inverse, peut-on valoriser le potentiel critique et exploratoire de l’utopie comme fiction du possible ?

Enfin, nous aimerions nous interroger sur l’état actuel des propositions et des pratiques utopistes. Plusieurs années après la chute du mur de Berlin, y-a-t-il une reviviscence de la pensée utopique ? Le cas échéant, quels sont les lieux de l’utopie, dans le sens d’endroits et de thèmes privilégiés ? Et quels rapports les nouvelles utopies entretiennent-t-elles avec les vieilles utopies ? D’autres questions importantes concernent la nature de la pensée utopique actuelle. Avons nous affaire à une nostalgie de l’utopie (pour un passé capable de produire des projets alternatifs au réel) ou bien à des imaginaires tournés vers le futur ? Les nouvelles expériences utopiques ont-elles une visée universaliste ou, au contraire, privilégient-elles une dimension micro, « communautaire » ?


Programme


10h. Introduction, Sabina Loriga (Ehess, Paris)


11h-13h. « Réalisme » et « utopisme »

Arno Munster (Université de Picardie Jules Verne, Amiens), « Quelle est la signification du concept d’utopie concrète dans la pensée d’Ernst Bloch ? »

Olivier Abel (Fonds Ricoeur, Paris), « L’écart utopique et la génération — sur Mannheim et Ricœur »


15h-18h. Communautés utopiques et expérimentation

15h : Girolamo Imbruglia (Université de Naples L’Orientale), « Une histoire culturelle de l’utopie durant les Lumières : les missions jésuites en Paraguay »

16h : Marc-Olivier Baruch (Ehess, Paris), « Terreur blanche, marché noir, bibliothèque rose » : Vichy peut-il être lu comme "communauté utopique" ? »

17h : Jacques Poloni-Simard (Ehess, Paris), « L’art constructif universel de Joaquín Torres García (1874-1949) : une utopie métaphysique, primitiviste, (indo-)américaine »


9h30-12h30. Revenir de l’utopie

Christophe Prochasson (Ehess, Paris), « Passé et avenir de l’utopie chez François Furet »

François Dosse (Université Paris-Est-Créteil), « L’utopie démocratique ou le futur du passé chez Cornelius Castoriadis »

Marie Fabre (Ens, Lyon), « Italo Calvino, le Modèle et la brèche »


14-17h. Percées utopiques

Michel Porret (Université de Genève), « La législation pénale est une branche trop considérable de la politique pour que les rêveurs l’aient oubliée »

Marc Breviglieri (Haute Ecole Spécialisée de Genève) et Luca Pattaroni (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne), « Percer la garantie, ouvrir des brèches critiques »

Gaetano Ciarcia (Université Paul-Valéry-Montpellier 3), « Utopies ethnologiques et millénarisme patrimonial. L’ethnographie comme prophétie culturelle »


17h30-18h30 : Table ronde : Bronislaw Baczko (Université de Genève) et François Hartog (Ehess, Paris - à confirmer)



Coordination pour l’Atelier : Olivier Abel, Sabina Loriga, David Schreiber, Silvia Sebastiani, Isabelle Ullern

Organisation : Lorenzo De Sabbata et Maxence Klein

Contact : usagesdupasse@gmail.com


The Inglorious Bastard

25.09.2013 l Paweł Wolski

There is a short, almost unnoticeable sentence in Sergio Luzzatto’s Partigia which I will ruthlessly use to grant myself the right to approach the long lasting debate over his book from an outsider perspective : the perspective of a Polish non-historian, interested rather in Luzzatto’s rhetoric and his place in the discussion than in the facts he reports. (...)

Hériter la violence de l’histoire ? Pourquoi refuser une tentative d’incrimination de Primo Levi qui banalise le témoin moral et la littérature des écrivains survivants

11.07.2013 l Isabelle Ullern

L’article qui suit s’engage circonstanciellement dans la controverse déclenchée par un livre d’un historien italien, Sergio Luzzatto, paru au printemps 2013. Ainsi que le montre un de ses contradicteurs, sur le site des usages publics du passé puis dans la presse italienne, Alberto Cavaglion : au motif de désacraliser l’histoire et les figures héroïques de la fondation de la république italienne, ce livre s’autorise d’une interprétation réductrice, déplacée, et moralisatrice de l’écriture du témoin survivant, Primo Levi. [...]

Ralph Waldo Emerson, History & Memory

06.07.2013

Nous avons choisi de donner accès, dans cette rubrique Inactuelles, à deux textes peu connus (tout au moins en langue française) de Ralph Waldo EMERSON : Memory et History.

« History » fut publié dans la première série regroupant divers Essais d’Emerson, dont l’édition initiale est de 1841 (rééditée de son vivant en 1865 et 1876).

« Memory » est bien plus tardif et appartient à un cycle de conférences initiées en 1871. Il a été ajouté en 1893 à la ré-edition posthume des essais d’Emerson sur l’Histoire naturelle de l’esprit (« intellect »).

Recension de Justo Serna, Pasados Ejemplares. Historia y narración en Antonio Muñoz Molina

28.05.2013 l Luisa Tasca

Justo Serna est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Valencia et auteur d’essais dans les domaines de l’historiographie et de l’histoire culturelle. Parmi ces essais, Cómo se escribe la microhistoria (2000) est en particulier dédié à la microhistoire. Dans Pasados Ejemplares, publié en 2004, Justo Serna choisissait de s’occuper de celui qu’il considère comme le témoin le plus influent de l’Espagne d’aujourd’hui, le représentant de la génération qui, à partir des années 1980, a renouvelé la littérature espagnole : l’écrivain Antonio Muñoz Molina. Serna analyse chaque œuvre de cet auteur, né à Úbeda en Andalousie, en 1956, et réside à New York aujourd’hui. Il repère avec précision – et une admiration non dissimulée envers son sujet d’étude –, quelques fils rouges qui permettent d’interpréter l’œuvre de façon à en faire ressortir les lignes de force. (...)

Une polémique sur les intentions cachées 

18.05.2013 l Marcello Flores

« C’est comme si Luzzatto avait eu le besoin d’utiliser contre Primo Levi la théorie de la ‘zone grise’, que celui-ci avait magistralement théorisé dans Les naufragés et les rescapés, en la réduisant à une métaphore usée sur les nuances infinies entre le blanc et le noir ». Avec ces mots, Gad Lerner a ouvert, dans la Repubblica, la polémique contre l’ouvrage de Sergio Luzzatto, Partigia. (...)

Violence et guerre partisane : le « secret » de Primo Levi

12.05.2013 l Alberto Cavaglion

Le 25 avril dernier, date de la Libération du fascisme en Italie, fut un jour amer. Les pages des journaux ont été dominées par le mouvement populiste 5 stelle de Beppe Grillo, mais également par la parution de deux ouvrages sur le « vilain secret » du partisan Primo Levi, pour reprendre les deux mots incisifs par lequel lui-même, devenu écrivain, qualifie la chose. Drôle de coïncidence. N’est-il pas étrange qu’à quelques semaines d’intervalle seulement, deux livres cumulant plus de 800 pages soient consacrés au même épisode de la vie de l’écrivain de Turin ? Une soi-disant « histoire inédite passée sous silence » (Sessi, 2013 ; Luzzato, 2013). (...)

Inactualité de l’intellectuel : une invitation oubliée d’Emerson

11.05.2013 l Isabelle Ullern

En quoi lire, ou traduire, Ralph Waldo Emerson (né en 1803) relèverait-il d’un usage public du passé, un peu au delà de la tâche inlassable d’exploration érudite des œuvres anciennes ou modernes ? Et en quoi serions-nous intéressés, particulièrement, à la voix, la pensée, la position d’écriture d’Emerson sur ce site consacré aux usages publics du passé ? (...)

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